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Zaventem 1/5/1985
Revue de presse
Un objectif au cœur du feu.
Par Patrice Leprince
(Le Soir, le 13 décembre 2004 )

Le flash de Robert Dekock crépite depuis 30 ans entre les flammes. Le photographe attitré des pompiers est revenu de l'enfer. Avec ses images.

Mais qu'est ce qui peut pousser un chef d'entreprise à quitter son épouse au beau milieu de la nuit pour aller se jeter au beau milieu des flammes ? Ma femme, peut être dit-il dans un sourire. Celle-là même qui, dans les années 70, lui a offert un appareil photo sans se douter de l'usage que son mari en ferait. Il aurait pu choisir d'immortaliser les oiseaux, les fleurs ou les nus. Mais non, il a choisi les pompiers. Et ça fait trente ans que ça dure. Gamin, j'ai assisté à l'incendie de l'Innovation, j'ai vu arriver les premières échelles, la fumée s'échappait du bâtiment. Je ne sais pas si ce fut le déclic mais des voyants se sont en tout cas allumés ce jour-là. Lorsque son père meurt inopinément, Robert n'a d'autre choix que de reprendre les rennes de l'entreprise familiale en compagnie de son frère. Il a alors 23 ans. Il a fallu apprendre à gérer 52 personnes et un univers que je ne connaissais pas… Il abandonne ses études en droit, je n'avais pas d'autre alternative. Mais, le soir venu, il s'empare de son nouvel appareil. Beaucoup d'incendies se déclarent la nuit, le seul problème finalement étant de parvenir à récupérer pour être opérationnel le lendemain. Et puis, Bruxelles ne brûle pas tous les jours…

Lorsqu'il propose ses services aux pompiers de Bruxelles, l'accueil est du genre chaleureux. Il est arrivé un matin de décembre 75 avec des photos prises lors d'un feu de menuiserie à Anderlecht, se souvient Francis Boileau, directeur général adjoint du Siamu, le Service d'incendie et d'aide médicale urgente. Nous avons été impressionnés car les clichés étaient comme vus par l'œil d'un pompier et non par celui d'un journaliste. De plus, les archives sont plutôt maigres à l'époque, alimentées par des pompiers ou des témoins amateurs. Moi, j'étais tout aussi intéressé par les détails qui peuvent servir à posteriori comme l'emplacement des bouches d'incendie, les difficultés d'accès, confirme Robert Dekock.

Il ne fallait donc pas lâcher une telle occasion, reprend Francis Boileau. D'autant qu'il était disponible bénévolement 24h/24. Petit à petit, des liens de confiance puis d'amitié s'établissent. Son travail était tellement remarquable que nous avons eu des demandes nationales puis internationales, ce qui mettait une fleur à notre chapeau.
Des années durant, Robert Dekock sera également collaborateur au journal « Le Soir ». En 1976, il immortalise un pompier évacuant un petit garçon d'un appartement en feu à Anderlecht sous l'œil halluciné de badauds (voir photo). Il y avait trois enfants que les parents avaient laissés seuls pour la soirée. Je pense que cette photo a donné plus de force à l'article qui sans cela se serait peut être perdu dans la multitude d'informations. Si cela a pu amener ne fût-ce qu'une famille à ne plus laisser ses enfants sans surveillance, je me dis que j'aurai apporté ma petite contribution. Une vingtaine d'années et des milliers de photo plus tard, Robert Dekock est parmi les premiers au pied des Riches-Claires dont le clocher est en feu. J'ai tout de suite compris que c'était grave. Et j'ai eu de la chance car il y avait, juste en face une façade garnie d'échafaudages. Marathonien et alpiniste à ses heures perdues, Robert Dekock n'hésite pas une seconde et se retrouve à la hauteur du clocher qu'il mitraille avant que celui-ci ne s'écroule. Là encore, ses clichés s'offrent une deuxième vie. Il n'existait aucun plan de la charpente et le bureau d'architecture en charge de la restauration s'est notamment servi de mes photos pour reconstruire le clocher à l'identique… Et ça n'a rien de désagréable. A 54 ans, Robert Dekock ne semble pas prêt à poser son appareil. Il était il y a peu encore avec les pompiers bruxellois partis soutenir leurs collègues à Ghislenghien. Comme toujours, en première ligne. On ignorait tout de l'étendue du sinistre. A un moment un type s'est approché pour nous dire qu'il y avait une fuite d'hydrogène. L'officier a décidé qu'il fallait mettre les masques, Moi, je n'avais que mon appareil photo…

Fausse alerte ou non, le photographe est toujours prêt à bondir 24h/24. Bonne nouvelle quand même pour celle qui partage ses nuits : depuis leur déménagement, Robert Dekock n'a pas encore trouvé le temps de rebrancher la lampe qui s'allumait automatiquement à chaque sonnerie de téléphone.

Images d'enfer, le feu au quotidien.
Robert Dekock
Photographe amateur.
En trente années aux côtés des pompiers de Bruxelles, Robert Dekock a réalisé 18.000 photos. Que je ne voulais pas laisser au fond d'un tiroir. Il publie aujourd'hui « Images d'Enfer », son deuxième ouvrage. A compte d'auteur. C'est un risque, mais je voulais que le prix d'achat colle au plus près au prix de revient. Au fil des pages, 400 clichés souvent intenses, parfois drôles, jamais sensationnalistes. Vous ne verrez rien de choquant ou de compromettant. C'est comme cela que j'ai pu acquérir la confiance des pompiers. Auxquels il rend hommage. On parle toujours des pompiers de Paris et de New York, et j'ai eu envie de montrer qu'ici aussi on fait du bon boulot.
« Images d'enfer » 437 illustrations commentées. Préface de Charles Picqué (38 euros). Commandes via internet (www.imagesdenfer.com), courrier (37 rue de la Montagne) ou par fax (02-514.47.04).

Sommaire:
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