accueille livrel'auteurcontactrevue de presse
Laeken 10/12/2003
Anderlecht 15/12/1975
Zaventem 1/5/1985
Revue de presse
Robert Dekock, l'œil des pompiers
Par Philippe Golard
(Vlan, le 20 décembre 2004 )

Depuis quasi trente ans, Robert Dekock colle aux basques de pompiers pour photographier leur quotidien. Il vient de rassembler dans « Images d'Enfer » quelque 400 clichés.

Il y a un peu de baraka mais il ne faut pas tenter le diable. Ainsi quand ça a brûlé au-dessus de ce grand hôtel bruxellois, c'était une boule de feu. Avec les pompiers, on a pris l'ascenseur. J'avais le sentiment d'être livré à n'importe quoi. Quand la porte s'est ouverte, j'ai respiré profondément. J'avais la peur au ventre. Je suis un observateur extérieur. En 29 ans de collaboration, j'ai eu cette chance énorme de partager la plupart des feux avec les pompiers bruxellois, vous finissez par sentir quand les choses échappent. Il y a des signes. Vous vous dites : ici ça tourne mal, il faut foutre le camp… »

Robert Dekock est comme cela : mesuré, pas tête brûlée pour un sou, sportif et alpiniste, discret et ne basculant pas dans le sensationnel. Une double qualité particulièrement appréciée des « hommes ». Ce chef d'entreprise, qui gère encore quotidiennement son affaire avec son frère à l'entrée des Marolles, a contracté le virus au départ d'un cadeau offert par son épouse.

C'était au début des années 70. « J'étais un fanatique de l'Instamatic. Puis ma femme m'a offert cet appareil avec cellule. Je faisais tout moi-même jusqu'au développement en labo. Un jour j'étais à Wavre. Le château en style normand de Limelette était en feu. C'était une mise à feu volontaire. J'ai vu un énorme panache de fumée. Toute la ville était en émoi. Je me suis dirigé vers le sinistre, j'ai réalisé mes premières photos. Après, c'est comme devenir collectionneur de bagues à cigares ou être fou de vieux trams ».

Là où il ne fallait pas. Pour Robert, le premier déclic restera cette vision d'enfant lorsqu'il fréquentait la petite école de la rue d'Assaut. Il rentrait tous les jours dîner à la maison. « Comme d'habitude, je quittais à 1 »h30 pour retourner à l'école. Une énorme colonne de feu s'élevait là où j'allais. J'ai d'abord cru que notre école flambait » Près de quarante ans plus tard, le Marollien pur sucre s'en souvient comme si c'était hier « le convoyeur de l'échelle montrait du doigt l'endroit du feu. C'était un cliché dans ma tête. J'ai entendu en classe tout l'après-midi les sirènes qui se succédaient. Finalement, on nous a donné congé. On s'est évidemment tous retrouvés là où il ne fallait pas… » Depuis, la fascination du feu agit. Du temps de l'Agglomération, le corps bruxellois des sapeurs-pompiers fait régulièrement des expositions. Pour montrer au grand public son action au quotidien. Par manque d'argent, nos pompiers à l'inverse de Londres, Paris ou Tokyo, ne disposent plus de photographe attitré à demeure. « Fin '75, Robert est venu montrer ses clichés à quelques officiers » se remémore Francis Boileau, directeur général adjoint du Service d'incendie et d'aide médicale urgente de la Région de Bruxelles-Capitale. Depuis, en service commandé et en civil, le Bruxellois plaque tout pour rallier le plus vite possible le feu en cours et mitrailler.

Danger à tout moment. L'idée est venue de rassembler tout cela dans un – beau – livre qui parle des gens avant tout : les sauveteurs , l'hébétude des sinistrés, ces deux enfants profitant, rue Blaes lors d'un été caniculaire, d'une fuite dans un gros tuyau d'un véhicule d'intervention pour se rafraîchir. Sous l'œil captivé de la boîte noire. Ou encore l'expression saisie à la volée de ce père qui comprend d'un seul regard qu'il vient de perdre son enfant dans l'amas de cendres. Ou de professionnels qui y ont laissé un collègue. Sans rien pouvoir y faire. Car de sournois, couvant pendant quelques heures dans une apparente quiétude, « le feu peut se transformer en quelques minutes en véritable enfer » a appris Robert Dekock. Ou dissimule l'imprévisible : vapeurs nocives, propagation subite coupant toute retraite, explosion, effondrement. A ce jour, quatre corps de pompiers au monde ont été illustrés par la parution d'un ou de plusieurs livres : New York, Paris, Hambourg et… Bruxelles. Grâce à l'étonnante passion de Robert Dekock. Des 18.000 clichés pris, il en a rassemblé 437 dans Images d'Enfer, publié à compte d'auteur.

Infos ?
« Images d'Enfer » par Robert Dekock (38€) est uniquement disponible sur commande via le site internet www.imagesdenfer.com, par mail à l'adresse info@imagesdenfer.com par courrier (Robert Dekock 37 rue de la Montagne, 1000 Bruxelles) ou par fax au n° 02/514.47.04.

Sommaire:
Images d'enfer. 25 ans de reportage photo

A découvrir. Images d'enfer

Trente d'ans «d'images d'enfer» à Bruxelles

Images d'enfer, un cadeau pour les fêtes

Un objectif au cœur du feu

L'enfer des flammes

Images d'enfer

Images d'enfer

A Lire : Images d'Enfer

Nouveau : Images d’Enfer

Images d’Enfer au plat pays

Images d'Enfer

Bruxelles de feu

Nous avons rencontré…

Images d’Enfer

Lu pour vous : Images d’Enfer

Lu pour vous : Images d’Enfer

Images d’Enfer

Images d’Enfer

© Robert DEKOCK 2004 - www.imagesdenfer.com - Contacter l'auteur
Toute reproduction interdite.